Les Tunisiens de l’étranger cibles principales de l’arnaque à la sous-location !

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Le scénario est bien rodé ! Un proche ou votre gardien d’immeuble vous présente un locataire au profil idéal. Dans la plupart des cas, une jeune femme ou un couple bien sous tous rapports gagnant avantageusement leur vie. Les justificatifs présentés (souvent des faux) ne laissant aucune place aux doutes si bien qu’en moins de 48 heures, le contrat de location est scellé à la mairie.

 

Les loyers sont versés régulièrement jusqu’au jour où le pot aux roses est découvert. En fait, le(s) locataire(s) contractants sont des « hommes de paille » qui dissimulent une fructueuse entreprise de sous location. Anis* qui habite à Lyon (France), a commencé à s’inquiéter avec les premiers retards dans le paiement des loyers. Au prix d’une minutieuse enquête de voisinage, il a découvert que son appartement à Ennasr (Tunis) était sous-loué à la journée depuis 3 ans pour de belles séances de beuverie !

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Avec la crise en Tunisie, cette arnaque au logement fait de plus en plus d’émules chez « monsieur tout le monde ». En sous-louant à la semaine ou à la journée au prix fort à une clientèle libyenne, le loyer mensuel est amorti en quelques jours de quoi libérer une belle rente mensuelle. Le client « pigeon » est dans la plupart des cas parmi les milliers de Libyens (et autres étrangers de passage) installés dans le « Grand Tunis » ou de passage dans l’une des nombreuses cliniques de la capitale. D’où les zones ciblées par ces arnaqueurs, concentrées dans les grands quartiers urbains de Tunis abritant des cliniques (Ennasr, Manar, Berges du Lac, Ain Zaghouan, Centre Urbain Nord…).

Mais les apprentis rentiers ne présentent pas toujours un visage aussi ordinaire. Autour des cliniques, des réseaux de proxénètes ont vu le jour et offrent des solutions clés en main (Hébergement + « jaw ») aux Libyens, Algériens...Les réseaux font travailler des rabatteurs (employés de clinique, « maquerelles »…), un logisticien (gardien de l’immeuble) et des hommes de main en charge de la sécurité. Tout ce « beau monde » agissant en toute quiétude grâce à la passivité troublante des forces de l’ordre… ! Pour ne pas apparaitre, les chefs de réseaux louent des appartements (via des locataires de façade bien présentables) pour ensuite les sous-louer à des fins illicites.

La loi tunisienne protégeant strictement le locataire, il est très compliqué d’expulser un occupant à jour de ses loyers (ce qui est souvent le cas). Ahmed* qui dispose d’un appartement aux Berges du Lac (Tunis) a mis 18 mois pour extraire son locataire, pourtant pris en flagrant délit de sous location « immorale ». « J’ai dû poster un huissier pendant plusieurs jours avec un appareil photos qui a par ailleurs recueilli des témoignages des voisins. Mon seul axe d’attaque était de prouver que le locataire ne jouissait pas du logement occupé en « bon père de famille » comme le stipule la loi…Une procédure entravée par les nombreux soutiens auprès des autorités dont disposait manifestement le locataire » se lamente-t-il !

Dans cette combine, les Tunisiens de l’étranger sont des cibles de choix car peu de risques qu’ils débarquent à l’improviste pour une visite de routine. Et leur famille est souvent amadouable ! 

 

*Prénom a été modifié pour préserver l'anonymat du témoin.

 

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Bon à savoir

Les conseils d’Allobledi

  • Ne laissez pas vos clés à n’importe qui  mais seulement à des personnes de confiance totale

  • Avant de louer, contrôlez la véracité et la conformité des justificatifs présentés ; vérifier les antécédents des locataires.

  • Le recours à un avocat ou un professionnel de l’immobilier de bonne réputation, sans être une garantie absolue, atténue les risques.