Heureux comme un propriétaire de salons de thé en Tunisie !

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Heureux comme un propriétaire de salons de thé en Tunisie !

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Il y a des secteurs en Tunisie qui ne connaissent pas la crise et parmi eux il y a ceux qui ne la connaitront probablement jamais. Dans le contexte de morosité actuelle, les salons de thé tunisiens sont des oasis de bonheur tant leur succès  semble ne pas se démordre !

Petit retour en arrière ! A la fin des années 90 à Tunis, la clientèle notamment féminine n’a que très peu d’endroits pour se réunir entre amis en dehors de quelques cafés chics et des hôtels. Honneur aux précurseurs, le salon Phuket's dans le quartier des Berges du Lac et celui de l’Opéra à Ennasr (Tunis) comprennent que la mixité est un business naissant et potentiellement juteux. Là, est la vraie recette du succès de ces salons de thé à la mode tunisienne : on s’y mélange entre garçons et filles,  jeunes et bcbg dans un cadre moderne mais souvent kitch. Mixité des sexes mais peu de mixité sociale car les prix pratiqués ne sont pas à la portée de toutes les bourses, les prix dépassant de 200 à 500% ceux des cafés "chaabi" (populaires).

Le succès ne se fait pas attendre. D’à peine dix unités au début des années 2000, on en compte aujourd’hui quatre cents seulement sur le « Grand Tunis » dont environ quatre-vingt unités dans le quartier d’Ennasr (certainement un record mondial !). Historiquement basés dans les quartiers modernes de Tunis, ils ont gagné depuis les grandes villes de la côte (Nabeul, Hammamet, Sousse, Sfax, Jerba…), les quartiers populaires des grandes villes et même les villes rurales de l’intérieur (des unités sont ouvertes à Beja et au Kef notamment).

A la première vague de noms francisés ( Opéra, le Montmartre, Fouquet’s…) l’heure est désormais anglo-saxonne : Midway, Flamingo, Crystalium, Miami, Brooklyn, Six Seven... Dernières tendances observées dans les néo quartiers chics comme le « Lac 2 » à Tunis, l’inauguration d’unités XXL (plus de 500 m2), ouverts 7j/7J servant une carte de restauration plus élaborée. Même les quartiers des classes moyennes de Tunis s’y mettent en amorçant le relooking des cafés populaires (écrans plasma, fauteuils wifi...)

D’un point de vue infrastructure, le gigantisme des lieux et le confort feutré rappellent les codes des « boites de nuit » mais à la différence des établissements de nuit, ces « boites de jour » sans alcool, n’ont pas besoin d’animations, d’évènements ou de people pour faire le plein !

Coté business, les promoteurs se frottent les mains ! D’une belle opération immobilière initiale qui comprend l’acquisition des murs de boutique dans un beau quartier (le meilleur placement immobilier actuellement à Tunis), ils développent un fonds de commerce aux risques maitrisés, alimenté par des marges très confortables ( x 5 au minimum). La présence systématique derrière la caisse du fils ou d’un membre de la famille du promoteur est là pour nous rappeler que l’affaire est avant tout une belle machine à cash encaissant des règlements à 99 % en espèces. Les recettes moyennes donnent le tournis,  avec en moyenne plus de 8000 DT/jour pour les grandes structures  et plus de 3000,00 Dt pour les structures plus moyennes ! Qui dit mieux avec des marges x 6 en moyenne.

Reste qu’avec plus de trois cent unités à Tunis et une forte concentration dans certains quartiers, la concurrence devient ardue. Avec 4,5 Dt en moyenne pour un café crème, le portefeuille de clients n’est pas inépuisable avec la crise qui s’installe. D’un établissement à l’autre, les différenciations sont minimes (en dehors du décor) car chacun dessert pratiquement la même offre. Les Tunisiens étant naturellement butineurs, ils zappent de spot en spot avec une prime à la nouveauté.

Proche parfois de la saturation, tous  les moyens redeviennent bons pour booster le business. Certains gérants n’hésitant plus à jouer de cartes obscures comme la rémunération de belles clientes factices dans le but d’enjoliver les lieux. De même, certains encouragent  la prostitution (gratuité ou vente à crédit sur les consommations, mise en relation avec clients…) afin d’attirer la clientèle « mâle » très prisée,  sans oublier la très commune pratique de la vente forcée (notamment pendant le ramadan…) ou l'arnaque sur les cafés vendus comme importés. Déjà, les porcelainiers  tunisiens avaient du se résigner à concevoir un format plus réduit de la tasse à café crème suivant les exigences des exploitants des salons de thé davantage soucieux de leur marge que du service.

 

Samir BOUZIDI

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